Suite au violent séisme qui a frappé le 12 janvier  2010, Haïti a fait l’objet d’une solidarité planétaire sans précédent. Néanmoins, beaucoup de journalistes se sont empressés, – pour faire court -, à évoquer la thèse de la malédiction. Certains allaient jusqu’à anticiper l’hypothèse d’un pays  effondré en bloc, oubliant avant tout qu’Haïti n’est pas seulement Port-au-Prince, avec ses bruits et ses fureurs de ville tentaculaire, mais c’est aussi et surtout plusieurs villes de provinces offrant pour la plupart des paysages surprenants et des espaces où se marient  calme et  beauté.

Le lendemain de la terrible catastrophe, bon nombre d’intellectuels et d’écrivains, eux qui étaient les premiers secouristes de la vérité, ont élevé la voix pour contrarier les clichés et faire le point sur la situation. L’écrivain Dany Laferrière lors de sa première prise de parole martelait ses mots qui n’ont pas tardé à faire le tour du monde « Quand tout tombe, il reste la culture. »

Haïti a toujours été une terre fertile où poussent des créateurs et créatrices s’enracinant dans le temps comme de grands arbres fruitiers. Afin de perpétuer cette richesse et ce grand bien parasismique qu’est la culture, celle  qui fait que l’on ne se casse pas sous les décombres de l’ignorance, nous de l’association « Passagers des vents », croyons à l’urgente nécessité de monter un programme de résidences littéraires et artistiques en Haïti, qui prendrait racine dans la commune de Port-Salut. Bénéficiant d’un cadre privilégié, cette initiative sera aussi un moyen efficace pour inscrire la vitalité créatrice haïtienne au cœur du mouvement et des palpitations du monde. Manifester l’hospitalité littéraire et artistique à des voix issues de différents imaginaires, ne saurait que nous élever et nous conduire vers d’autres  déploiements.

Haïti, en dépit de ses failles et de ses faillites politiques, demeure paradoxalement un cas exceptionnel, « un hapax historique, une nation culturelle », tel le nomme l’écrivain franco-haïtien René Depestre. D’où la nécessité de placer au centre de nos préoccupations les bases pour accueillir un foyer multidisciplinaire, avec des écrivains, des peintres, des musiciens qui seront en lien étroit avec la population et les différents acteurs  de la vie artistique haïtienne.  Ce n’est pas sans raison que cette phrase de Madame Irina Bokova, Directrice générale de l’Unesco, provoque plein écho à nos envies incassables de rendre le rêve tangible: « La culture doit être la norme parasismique de la reconstruction ».

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